
Le décret n°2022-967 du 1er juillet 2022 a instauré une aide visant à compenser la hausse des coûts d'approvisionnement de gaz naturel et d'électricité subie par les entreprises, consécutivement aux conséquences économiques et financières de la guerre en Ukraine.
Le dispositif consiste au versement d’une aide financière aux entreprises grandes consommatrices d’énergie (gaz, électricité) et qui subissent une hausse importante du prix de l’énergie.Ce dispositif s’inscrit dans le plan de résilience économique et social mis en place par le Gouvernement.
Retour en plusieurs questions sur le dispositif et les conditions d’octroi de cette aide.
Pour qu’une entreprise soit éligible au bénéfice de l’aide, les conditions sont les suivantes :
Une entreprise grande consommatrice d’énergie est une entreprise dont des dépenses de gaz naturel et d’électricité représentent au moins 3 % de son chiffre d’affaires réalisé au cours de l’année 2021.
La période de référence est la période comprise entre le 1er janvier 2021 et le 31 décembre 2021.
Pour les entreprises qui ont été créées entre le 1er janvier 2021 et le 30 novembre 2021, la période de référence correspond à la période entre la date de création de l’entreprise et le 31 décembre 2021.
Notons que si une entreprise a exercice comptable décalée qui ne correspond pas à l’année civile 2021, les calculs doivent quand même être effectués sur l’année 2021, mais après un retraitement (afin d’inclure uniquement les mois concernés).
Tout d’abord, le chiffre d’affaires est apprécié au niveau de l’entreprise, en tant que personne morale, de sorte que le chiffre d’affaires n’est pas agrégé à l’échelle d’un groupe d’entreprises.La demande doit donc être déposée par l’entreprise et non le groupe au sein duquel elle pourrait appartenir.
Ensuite, si l’entreprise possède plusieurs établissements, son éligibilité s’apprécie au niveau de l’entreprise et non pas de ses établissements. La demande doit être déposée par l’entreprise et il ne peut être formulé une demande par établissement.En revanche, le plafond d’aides (cf. ci-dessous) est apprécié à l’échelle du groupe.
Tous les autres secteurs d’activité sont éligibles (activité industrielle, activité tertiaire, activité agricole…). En revanche, sont exclues du dispositif d’aide les entreprises qui exercent à titre principal une activité de production d’électricité ou de chaleur, une activité d’établissement de crédits ou d’établissement financier pendant la période éligible trimestrielle considérée.
La liste des secteurs concernés par l’aide est annexée aux décrets relatifs au dispositif.
A priori, non.Seules les personnes morales de droit privé sont éligibles au dispositif.Les établissements publics à caractère industriel et commercial (EPIC) sont donc exclus du dispositif dans la mesure où ce ne sont pas des personnes morales de droit privé.
En revanche, les sociétés d’économie mixte locales (SEM, SEML, SEMOP) et les sociétés à participation publique (SPL, SPLA) sont éligibles car dotées d’une personnalité morale de droit privé.
A priori, non.En effet, pour bénéficier de l’aide, l’entreprise ne doit pas avoir de dette fiscale ou sociale au 31 décembre 2021, sauf si cette dette a été réglée au moment de la demande d’aide ou que cette dette est couverte par un plan de règlement.
Autre exception, la dette sociale ou fiscale inférieure à 1500 euros ou encore la dette sociale ou fiscale qui fait l’objet au 1er avril 2022 d’un contentieux pour lequel une décision définitive n’est pas encore intervenue.
Non, les entreprises en procédure de sauvegarde, en procédure de redressement judiciaire, ou en procédure de liquidation judiciaire ne peuvent pas bénéficier de l’aide.La situation de l’entreprise est appréciée à la date de dépôt de la demande.
Les entreprises quoi font l’objet d’un plan de continuation ou encore d’un plan de redressement sont en revanche éligibles.
Sur l’année 2022 :
Les périodes pour l’année 2023 seront connues en début d’année.
Les énergies concernées par le dispositif sont :
Les autres énergies sont exclues du dispositif, comme par exemple les achats de gaz naturel liquéfié (GNL), les achats de butane et de propane ou encore l’électricité utilisée dans l’air comprimé.
De même, les achats indirects de gaz naturel ou d’électricité comme par exemple le recours à d’autres utilités fournies par un tiers sur un site industriel (par ex. vapeur eau chaude, eau glacée, air comprimé, vide…).
Sur la période mars-août 2022, le montant des aides et les plafonds de l’aide sont les suivants : Attention, le plafond est apprécié à l’échelle d’un groupe.Le guide du ministère de l’économie précise les conditions particulières liées à ces aides.
Un SIMULATEUR a également été mis en place par le Gouvernement.
Sur la période septembre-octobre 2022, le montant des aides et les plafonds de l’aide sont les suivants :Attention, plusieurs remarques :
Un SIMULATEUR a également été mis en place par le Gouvernement.
Les délais sont les suivants :
Comme le précise le Gouvernement, les pièces sont les suivantes :
La liste est disponible ici.
L’article 1 du décret n°2022-967 du 1er juillet 2022 dispose que les aides accordées par le fonds de solidarité prennent la forme de subventions.Il précise également, par dérogation au droit commun (décret du 6 juin 2001), que les subventions feront l’objet d’une convention uniquement lorsque leur montant dépasse 200.000 euros (au lieu en principe de 23.000 euros).
Par un avis du 29 mai 2019 , le Conseil d’État a rappelé que la décision d’attribuer une subvention est un acte administratif unilatérale, individuelle et créateur de droit.La décision d’attribuer, ou non, l’aide prévue par le décret constitue donc un acte unilatéral individuelle.
Dans ces conditions, la décision de ne pas attribuer le fonds de solidarité ou encore la décision de retirer le bénéfice du fonds de solidarité est une décision qui peut être contestée.
Par un arrêt du 24 novembre 1965, le Conseil d’État a rappelé la compétence du juge administratif en matière de subventions délivrées par l’État (CE, 24 novembre 1965, n°59137).
Un refus d’aide (ou une demande de remboursement) doit être contester devant le tribunal administratif.Le refus doit être contesté dans un délai de 2 mois à compter de la notification de la décision de refus.
→ Comment limiter et gérer l’impact du coût énergétique ?→ Le bouclier tarifaire pour le gaz et l'électricité→ Changer de fournisseur de gaz ou électricité pour bénéficier du bouclier tarifaire
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