
La France est classée en 2023 d’après l’ONG le Transparency International au 20ème rang des pays en matière de lutte contre la corruption en obtenant un score de 71 à l’Indice de Perception de la Corruption (IPC). Des progrès qui restent modestes depuis une dizaine d’années, malgré des efforts importants. En effet, en dépit des efforts déployés, la France ne gagne qu’un seul rang depuis le classement 2022 et 3 rangs depuis 2016. Pourtant, on ne peut que constater l’importante progression du pays en matière de lutte contre la corruption. Cette lutte est notamment incarnée par la mise en place d’acteurs institutionnels qui œuvrent activement pour lutter contre la corruption et améliorer le climat d’intégrité des affaires en France.
Transparency International est une organisation non gouvernementale fondée en 1993 et présente dans 110 pays. Elle est devenue l’un des principaux vecteurs de diffusion d’une culture de lutte contre la corruption en favorisant la transparence, la responsabilité et l’intégrité des États à toutes les échelles. Elle publie chaque année une carte mondiale de l’IPC.
L’IPC classe 180 pays selon le niveau de corruption qui est perçu dans le secteur public de chaque pays, sur une certaine échelle de 0 à 100.
Pour réaliser cette mission complexe d’évaluation de l’indice de perception de la corruption dans le monde, l’organisation s’appuie sur différentes sources dont celles de la Banque mondiale, le Forum économique mondial, de sociétés privées de conseil et de gestion des risques ou encore de groupes de réflexion.
Il est important de garder à l'esprit que cet indice, bien que très utile, ne représente qu'une évaluation de la perception de la corruption. Comme rappelé par l’organisation elle-même, « Il ne s’agit pas d’un verdict sur les niveaux de corruption de nations ou de sociétés entières, ni de leurs politiques, ou des activités de leur secteur privé» soulignant ainsi la nécessité d'une vigilance continue et de mesures concrètes pour combattre ce phénomène de corruption.
Le législateur français a réagi au besoin de plus en plus pressant de renforcer la position de la France en matière de lutte contre la corruption par l’adoption de la loi relative à la transparence, à la lutte contre la corruption et à la modernisation de la vie économique, dite loi « Sapin 2 » promulguée le 9 décembre 2016.
La loi dite « Sapin II » propose une approche préventive et de responsabilisation des entreprises pour lutter contre la corruption à travers la « compliance ».
Sur le fondement de son article 17, certaines entreprises ont l’obligation de mettre en place un programme de conformité :
Le programme de conformité anticorruption requis au titre de l’article 17 de la loi Sapin II repose sur 8 composantes fondamentales :
Pour s’assurer du respect de ces obligations par les entreprises assujetties, la loi Sapin II a institué un organe de contrôle et de sanction : l’Agence française anticorruption (AFA).
Différents pouvoirs lui permettant d’accompagner les acteurs dans la lutte contre la corruption sont confiés à l’AFA :
L’AFA met régulièrement à jour ses recommandations – les dernières datant du 4 décembre 2020 – pour accompagner les entreprises assujetties aux obligations de la loi Sapin II à prévenir des faits de corruption et autres atteintes à la probité. Trois objectifs ressortent de ses recommandations : prévenir les risques, les détecter et remédier aux insuffisances constatées.
Les PME et les petites ETI qui ne seraient pas assujetties à l’obligation de mettre en place un tel dispositif aux dispositions de la loi Sapin II, ont toutefois tout intérêt à son déploiement. Dans une enquête publiée par l’AFA, l’agence rappelle que ces mesures anticorruption valent aussi bien pour faire prospérer les relations d’affaires que pour assurer une protection contre la commission d’actes de corruption, de prise illégale d’intérêts ou de trafic d’influence. En effet, outre les amendes de l’AFA, les entreprises soupçonnés d’avoir commis des actes de corruption s’exposent à des poursuites pénales.
En 2020, cette même enquête révèle que la moitié des PME et petites ETI ont décidé de mettre en place un programme anticorruption auquel elles ne sont pas assujetties.
Outre l’importance réputationnelle de l’évaluation annuelle réalisée par cet indice de perception de la corruption, le classement Transparency International est un outil à mettre au service de la gestion du risque sur lequel les Compliance Officers peuvent s’appuyer au quotidien, notamment pour :
Comme l’illustre ce classement annuel Transparency International, les enjeux de compliance et les risques auxquels les entreprises sont exposées changent perpétuellement. La compliance est un processus d’amélioration continue qui exige une vigilance et des mises à jour régulière.
Par Samuel Guetta Avocat Associé Expert en Compliance du cabinet Novlaw Avocats,
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