
Le gouvernement va prochainement déposer son projet de loi sur l'immigration qui permettra notamment la régularisation de nombreux travailleurs sans papier occupant des postes dans des métiers en tension.
Aujourd’hui, les travailleurs qui n’ont pas de papiers peuvent obtenir un titre de séjour par "l’admission exceptionnelle au séjour" (AES) au titre des dispositions de la circulaire du 28 novembre 2012 portant sur les conditions d’examen des demandes d’admission au séjour déposées par des ressortissants étrangers en situation irrégulière dans le cadre des dispositions du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile dite circulaire Valls.
En attendant ce nouveau dispositif, le cabinet NOVLAW Avocats et son associé Bruno GUILLIER, en charge des questions d’immigration professionnelle, vous détaille les possibilités permettant la régularisation par le travail.
À ce jour, il existe deux possibilités pour un employeur de répondre à un besoin de main-d’œuvre :
L’immigration professionnelle permet à un employeur de faire venir de l’étranger une personne qui dispose des qualifications qui dépendent à des besoins qu’il a préalablement définis.
Cela implique nécessairement que l’employeur démontrer en premier lieu son incapacité à recruter une telle personne en France. Il est toutefois possible, dans certains cas peu nombreux, que cette étape ne soit pas obligatoire. Le métier recherché est alors un métier appartenant à la liste des métiers en tension fixée pour chaque grande région de France par arrêté ou appartenant à la liste des métiers détaillé en annexe des accords d’immigration signés par la France.
L’administration délivre ensuite une autorisation de travail qui rend alors possible la délivrance d’un visa de travail pour la France au ressortissant étranger choisi.
Les métiers appartenant à la liste des métiers en tension sont regroupés dans l’arrêté du 1er avril 2021 relatif à la délivrance, sans opposition de la situation de l'emploi, des autorisations de travail aux étrangers non ressortissants d'un État membre de l'Union européenne, d'un autre État partie à l'Espace économique européen ou de la Confédération suisse.
Ce texte fixe des listes de métiers par région pour lesquels il existe de grandes difficultés de recrutement. Cela justifie de ne pas exiger des entreprises qu’elles n’aient pas à rechercher au préalable un autre candidat français ou ayant déjà une autorisation de travail.
Malheureusement, les métiers de la construction, de l’immobilier et du bâtiment sont très peu nombreux.
Certains traités d’immigration signés par la France fixent des conditions préférentielles pour faciliter l’immigration professionnelle des étrangers, notamment dans les métiers du bâtiment.
Ces textes prévoient des listes de métiers en tension qui s’ajoutent à la liste prévue par l’arrêté du 1er avril 2021 :
Les articles L. 435-1 et L. 421-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile et la circulaire Valls permettent aux étrangers qui sont en France depuis plusieurs années et qui prouvent qu’ils occupent un poste durant une période définie, d’obtenir la régularisation de leur situation au titre du travail, mais cela reste à l’appréciation du préfet.L’entreprise qui aide cette procédure doit alors donner des documents liés à son activité.
Lorsque les conditions détaillées ci-dessous sont remplies, il est possible que le préfet autorise la régularisation du salarié sans-papiers à condition qu’il démontre son intégration en France :
Contrat de travail ou promesse d’embauche de plus de 6 mois
+
8 bulletins de salaire sur les 24 derniers mois
OU
30 bulletins de salaire sur les 5 dernières années
Contrat de travail ou promesse d’embauche de plus de 6 mois
+
24 bulletins de salaire dont 8 (consécutifs ou non) sur la dernière année
Pas de contrat de travail ou de promesse d’embauche
Mais
2 fiches de paie (consécutifs ou non) sur les 36 derniers mois
OU
Engagement de 8 mois auprès d’une entreprise de travail temporaire (ETT)
Contrat de travail ou promesse d’embauche
+
12 fiches de paie au sein d’une entreprise d’économie solidaire
12 bulletins de salaire au SMIC mensuel et 910 heures cumulées sur les 24 derniers mois
+
CDI ou CDD de 12 mois
Cumul de contrats de faible durée
+
8 bulletins de salaire sur les 24 derniers mois
OU
30 bulletins de salaire sur les 5 dernières années
Si l’un de ces cas trouve à s’appliquer, le salarié étranger clandestin peut alors obtenir sa régularisation et disposer d’une carte de séjour temporaire d’un an mention salarié ou travailleur temporaire.
Le cabinet NOVLAW Avocats peut alors vous accompagner pour l’obtention d’un rendez-vous en préfecture et la constitution ainsi que le dépôt du dossier de régularisation en préfecture.
Retrouvez notre article sur les solutions aux difficultés pouvant être rencontrées lors d’une régularisation par le travail.
Bruno GUILLIER est spécialisé en droit public, notamment en droit de la fonction publique (fonction publique d’Etat, territoriale et hospitalière) et en droit administratif général ainsi qu’en matière de pouvoir de police et plus généralement en ce qui concerne réglementation des activités par la puissance publique.
Dans ce cadre, il a développé un expertise particulière en ce qui concerne les professions réglementées, notamment en ce qui concerne la réglementation des taxis.
A ce titre, il intervient aussi en droit routier tant en ce qui concerne le retrait de points ou le retrait de permis qu’en ce qui concerne le versant pénal des infractions routières.
Il exerce également en droit des étrangers et de la nationalité et, à ce titre, traite toute problématique liée aux demandes de régularisation et au recours contre les mesures d’obligation de quitter le territoire ainsi que de naturalisation.
Novlaw vous accompagne pour sécuriser votre bail commercial à chaque étape : négociation, rédaction, exécution et contentieux. Échangeons sur votre situation et vos enjeux.