
La loi Immigration 2024, découvrez les mesures clés de la loi immigration du 26 janvier 2024, maintenues après la décision du Conseil constitutionnel. Analyse complète des politiques d'intégration, des conditions de séjour, et des changements significatifs en matière de contrôle de l'immigration en France.
Dans sa décision n° 2023-853 DC du 25 janvier 2024, le Conseil constitutionnel a très largement censuré la loi immigration votée par le parlement en décembre 2023. Près de 40 % des mesures prévues dans la loi issue la commission mixte paritaire ont été supprimée par la décision du Conseil constitutionnel, revenant ainsi à une version assez proche de la loi telle qu’elle avait été proposée par le Gouvernement.
Le texte final de la loi n° 2024-42 pour contrôler l’immigration, améliorer l’intégration (CIAI) ayant été promulgué par le Président de la République, le cabinet NOVLAW Avocats et son associé Bruno GUILLIER, analysent les dispositions et les mesures principales qui demeurent en vigueur après la décision du Conseil constitutionnel.
Mesures essentielles prévues par la loi immigration n° 2024-42 du 26 janvier 2024 pour contrôler l’immigration, améliorer l’intégration (CIAI)
La loi prévoit que le Gouvernement devra remettre tous les ans au Parlement, avant le 1er juin, un rapport qui commente, pour les dix années précédentes, en métropole et dans les outre-mer notamment la politique migratoire du pays ainsi que le nombre des différents visas et titres de séjours accordés et refusés.
Il s’agit d’un simple rapport faisant l’objet d’observations de la part de l’OFPRA et de l’OFII qui ne fera l’objet d’aucun vote et qui n’aura pas vocation à déterminer, pour les trois prochaines années, le nombre d’étrangers admis à s’installer en France.
La loi prévoit que le Gouvernement devra remettre tous les ans au Parlement, avant le 1er juin, un rapport qui commente, pour les dix années précédentes, en métropole et dans les outre-mer notamment la politique migratoire du pays ainsi que le nombre des différents visaset titres de séjours accordés et refusés.
Il s’agit d’un simple rapport faisant l’objet d’observations de la part de l’OFPRA et de l’OFII qui ne fera l’objet d’aucun vote et qui n’aura pas vocation à déterminer, pour les trois prochaines années, le nombre d’étrangers admis à s’installer en France.
La nouvelle loi CIAI introduit toute une série de mesures rigoureuses ayant pour objectif de renforcer l’intégration des étrangers tout en visant à sécuriser le territoire selon les termes de la loi. Voici un aperçu détaillé de ces mesures :
Pour l’essentiel, les mesures prévues dans la version de la loi issue de la commission mixte paritaire sont maintenues.
Les possibilités d’expulsion sont élargies pour les étrangers ayant commis des infractions graves. La loi immigration étend les cas où l’interdiction du territoire français peut être prononcée, en levant certaines protections qui bénéficiaient notamment aux étrangers arrivés en France avant 13 ans, ceux résidant depuis plus de 10 ans, ou mariés à un conjoint français depuis plus de trois ans.
De plus, les protections contre les décisions d’obligation de quitter le territoire français sont supprimées pour les étrangers en situation irrégulière, à l’exception des mineurs. L’administration devra en remplacement prendre en compte divers facteurs, comme la durée de présence en France, avant de décider de l’expulsion.
La loi permet également de retirer ou de ne pas renouveler les titres de séjour pour des motifs supplémentaires, comme la falsification de documents ou la commission de certains délits graves, sans nécessiter de preuve de menace à l’ordre public.
Par ailleurs, elle conditionne la libération d’une personne détenue pour expulsion ou éloignement à l’exécution effective de cette mesure, et allonge à trois ans la durée de l’assignation à résidence en cas d’impossibilité de quitter le territoire français, avec une possibilité de prolongation jusqu’à 135 jours.
Un motif autonome de placement en rétention a été créé en cas de menace à l’ordre public, et le délai minimum entre deux placements en rétention administrative a été réduit de sept à deux jours en cas de nouvelle circonstance.
La durée de l’interdiction de retour sur le territoire français peut désormais atteindre dix ans en cas de menace grave à l’ordre public.
En outre, la loi prévoit l’assignation à résidence ou la rétention d’un demandeur d’asile présentant une menace à l’ordre public ou un risque de fuite.
Pour les mineurs non accompagnés impliqués dans des infractions pénales, un fichier spécifique sera créé.
La loi CIAI supprime également l’obligation pour les départements de prendre en charge un ancien mineur non accompagné jusqu’à 21 ans s’il fait l’objet d’une obligation de quitter le territoire français.
Enfin, en ce qui concerne les cas de terrorisme, l’appel du procureur ou du préfet d’une mesure de libération aura un caractère suspensif.
La loi introduit aussi une procédure de contradictoire asymétrique pour le contentieux de certaines décisions administratives liées à la prévention d’actes de terrorisme et crée un levier visa-réadmission pour limiter la délivrance de visas aux États ne coopérant pas dans la délivrance de laissez-passer consulaires.
La création des pôles territoriaux France asile reste confirmée pour un traitement centralisé des demandes d’asile. Les pôles seront placés sous l’autorité du préfet. Ils regrouperont les services du préfet et de l’OFII ainsi que des agents de l’OFPRA pour permettre un dépôt de la demande d’asile dans les plus brefs délais. Un délai sera toutefois laissé pour la rédaction du récit accompagnant la demande d’asile.
La réforme profonde de la Cour Nationale du Droit d’Asile est entérinée avec la généralisation du juge unique pour le traitement des dossiers. Des chambres territoriales seront aussi créées afin de permettre un traitement hors du Montreuil des dossiers afin de rapprocher la Cour des justiciables. Ces chambres territoriales s’appuieront sur les cours administratives d’appel déjà existantes.
Le rejet d’une demande d’asile vaudra automatiquement OQTF et entraînera la fin de tout accompagnement et aide du demandeur d’asile.
Si vous avez des questions ou besoin de conseils juridiques, n’hésitez pas à nous contacter. Notre équipe d’avocats est là pour vous guider à travers ces nouvelles réglementations.
Par Bruno GUILLIER, Avocat Associé Expert en droit administratif général et en droit de la fonction publique, et en matière de droit de l’immigration, des étrangers et de la nationalité chez Novlaw Avocats,
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Bruno GUILLIER est spécialisé en droit public, notamment en droit de la fonction publique (fonction publique d’Etat, territoriale et hospitalière) et en droit administratif général ainsi qu’en matière de pouvoir de police et plus généralement en ce qui concerne réglementation des activités par la puissance publique.
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