
La stabilité du preneur commerçant est garantie par son droit au renouvellement du bail commercial. Le droit au renouvellement du bail permet au locataire de bénéficier d'un renouvellement ou du paiement d'une indemnité d'éviction à l'expiration du bail dans le cas où le bailleur refuse.Le droit au renouvellement du bail commercial est une règle d'ordre public. Ainsi, aucune clause du bail ne peut y contrevenir sans être réputée non écrite.
Les articles L 145 - 9 et L 145 - 10 du code de commerce établissent les règles de la procédure de renouvellement du bail commercial . Elle peut être à l'initiative du bailleur ou du locataire.Si le bailleur souhaite renouveler le bail de son locataire, il lui délivre un congé assorti d'une offre de renouvellement. Le congé doit être transmis au locataire par acte d'huissier dans un délai de 6 mois avant le terme du bail.Attention : Si le congé est donné sans offre de renouvellement il doit contenir les motifs pour lesquels le bailleur souhaite mettre fin au bail ainsi que les modalités d'une éventuelle contestation.Lorsque la demande de renouvellement est à l'initiative du locataire, il doit faire sa demande au bailleur dans les 6 mois précédant la fin du contrat par lettre recommandée avec accusé de réception. Le bailleur disposera alors d'un délai de 3 mois à compter de la réception de la demande pour donner sa réponse. Si dans ce délai le bailleur ne donne pas sa réponse, l’on considère que la demande de renouvellement est acceptée par lui.Le renouvellement du bail donne naissance à un nouveau bail dont l'application commence à compter de la date d'effet du congé ou à partir du 1er jour du trimestre civil suivant la demande du locataire.Le bail renouvelé comprend les mêmes clauses et conditions que le bail initial à moins que les parties en décident le contraire.Le loyer du bail est également renouvelé et fixé librement par les parties. En absence d'accord sur le montant du loyer renouvelé, le code de commerce pose les principes suivant :
Toutefois, le plafonnement du loyer n'intervient pas si :
Si les parties n'arrivent pas à s'accorder sur le montant du loyer renouvelé, elles peuvent saisir le juge des loyers commerciaux.
Si le bailleur ne souhaite pas renouveler le bail, il doit verser une indemnité d'éviction au locataire. Conformément à l'article L 145 - 14 du code de commerce l'indemnité d'éviction est déterminée en fonction de la valeur du fonds de commerce. C’est une somme que le bailleur devra impérativement verser au locataire. Le législateur considère que cette indemnité est due en compensation du fait pour le bailleur d’avoir refusé le renouvellement du bail au locataire l’empêchant ainsi de continuer à exploiter son fonds de commerce dans les locaux. En général, les indemnités d’éviction sont assez élevées afin de provoquer un effet dissuasif.
Le bailleur peut refuser de renouveler le bail commercial sans payer indemnité d'éviction exceptionnellement en cas de :
Il existe deux autres hypothèses dans lesquelles le bailleur peut refuser de renouveler le bail commercial tout en échappant au paiement de l'indemnité d'éviction. Toutefois, précisons que dans ces situations le bailleur devra tout de même verser une indemnité forfaitaire :
Vous l’aurez compris, dans un bail commercial, le droit au renouvellement du bail commercial est quasiment un droit absolu, qui donne au locataire l’assurance de pouvoir rester dans les locaux ou, le cas échéant, d’être généreusement dédommagé.
Afin de pouvoir bénéficier du droit au renouvellement le locataire doit obligatoirement :
Pour avoir droit au renouvellement du bail, le fonds de commerce doit avoir été exploité effectivement au cours des 3 années qui précèdent l'expiration du bail ou sa reconduction.En revanche lorsque le locataire a procédé à un changement d'activité au cours des trois dernières années qui précèdent l'expiration effective du contrat, nous devons distinguer deux situations:
Dans le cas où ni le bailleur, ni le locataire, n'a sollicité le renouvellement du bail, la tacite reconduction intervient et le bail se poursuit pour une durée indéterminée.Côté bailleur, si la tacite reconduction dépasse un délai de 12 ans, le montant du loyer pourra être déplafonnée automatiquement par le bailleur.Côté locataire, et conformément à l’article L145-9 du Code de commerce, il pourra mettre fin au bail commercial à tout moment sous réserve de respecter un délai de préavis de 6 mois.
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